David Kogan, président de l’Independent Football Regulator (IFR), a déclaré qu’il démissionnerait si des pressions politiques influençaient la gestion par le régulateur de la récente violation des règles financières de Manchester City. S’exprimant lors du lancement du rapport « State of the Game » de l’IFR, Kogan a souligné que son indépendance personnelle et celle du régulateur sont absolues. Il a prévenu que toute tentative d'intervention du gouvernement britannique l'obligerait à démissionner, et a insisté sur le fait que le régulateur n'a subi aucune pression politique sur le cas de la City ou sur toute autre question.
La décision de City arrive à un moment critique alors que l'IFR se prépare à déployer un nouveau régime de licence pour les clubs plus tard cette saison. Kogan a expliqué que les pouvoirs du régulateur, définis dans la législation, lui permettent d'évaluer l'aptitude des propriétaires, des administrateurs et des cadres supérieurs. Si un propriétaire échoue à un test de « condition physique » – portant sur l’intégrité, l’honnêteté et la solidité financière – le régulateur pourrait imposer la vente du club. Il a noté que le régulateur surveille régulièrement les clubs et que toute décision susceptible d'être contestée en justice déclencherait un prélèvement de financement sur les clubs concernés.
Le rapport State of the Game met en évidence de fortes disparités financières au sein du football anglais. Il révèle que le meilleur club de la Premier League gagne 605 fois les revenus du club de la Ligue nationale aux revenus les plus faibles, et que 94 % des 116 clubs sous la surveillance de l’IFR devraient enregistrer des pertes en 2025-2026. Onze clubs de la Ligue de football auraient des coûts qui dépassent leurs revenus, même après suppression des salaires des joueurs. Kogan a déclaré que des facteurs externes tels qu'un calendrier de club élargi, une réglementation plus stricte des agents de joueurs et une hausse des taux d'intérêt échappent au contrôle du régulateur, mais qu'un accord de redistribution entre la Premier League et la Ligue anglaise de football (EFL) pourrait immédiatement atténuer certaines pressions.
Kogan a critiqué les paiements parachutés de longue date aux clubs relégués, les qualifiant de « distorsifs » et arguant qu’un accord révisé qui réduirait ces paiements tout en augmentant la distribution à tous les clubs aiderait à équilibrer la pyramide. Il a ajouté qu’une telle redistribution « adoucirait » l’impact financier dans les cinq premières divisions masculines.
La Premier League a salué le rapport, le décrivant comme une reconnaissance de la stature mondiale de la ligue et de la profondeur de la pyramide du football anglais. Il a souligné une offre récente de 320 millions de livres sterling par saison en redistribution financière à l’EFL, déclarant qu’elle s’aligne sur les objectifs de l’IFR et a réaffirmé son engagement en faveur d’un partenariat équitable et à long terme avec l’EFL. L'EFL a fait écho à ce sentiment, affirmant sa conviction que le football anglais génère suffisamment de revenus pour soutenir à la fois la Premier League et la pyramide au sens large, et s'est engagée à coopérer de manière constructive avec la ligue et le régulateur.
La secrétaire d'État à la Culture, aux Médias et aux Sports, Lisa Nandy, a salué les chiffres sombres du rapport, exhortant les autorités du football à utiliser les résultats au profit du football, de ses fans et des communautés qui le soutiennent. Les prochaines étapes concerneront le prochain régime de licence de l’IFR et la renégociation potentielle des accords de redistribution financière entre la Premier League et l’EFL.
